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Le monde est un campus portrait d'une étudiante - École Polytechnique

Published: 21 aug 2017

Duration: 06:01

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[MUSIQUE] Sur le site de France Culture Plus, une page est dédiée aux étudiants étrangers qui vivent en France. Elle s'intitule Le monde est un campus, et contient de nombreux portraits d'étudiants. Pour cette semaine, nous vous proposons d'écouter les premières minutes de celui d'Ayten, qui vient d'Azerbaïdjan et fait ses études en France. [MUSIQUE] » En fait, mon prénom est un prénom turc, ou azéri. Ayten est composé de deux mots différents : ay qui veut dire la lune, et puis ten qui veut dire égal. Donc c'est-à-dire égal à la lune. Donc dans la culture orientale, la lune représente la beauté, quelque chose de bien, alors que nous en France on a l'habitude d'assimiler à la Lune des choses un peu moins bien, le fait d'être distrait, lunatique, et tout, mais en Orient c'est pas du tout pareil. [MUSIQUE] En France je représente deux identités : d'un côté je suis Azerbaïdjanaise, c'est mon pays, je suis citoyenne de mon pays, et puis de l'autre côté je représente une minorité 1:21 qui vit dans le nord de mon pays, c'est la minorité Lezgi. 1:28 Quant aux langues que je parle, donc je parle ma langue maternelle qui est le lezgi, je parle azéri, qui est la langue de mon pays, ensuite je parle russe, parce qu'on a une frontière avec la Russie et on apprend la langue automatiquement. » Comment est-ce qu'on dit, par exemple, bonjour en russe, en azéri et en lezgi? 1:51 » En russe on dira [ÉTRANGER], en azéri on dira [ÉTRANGER], [ÉTRANGER], et puis en Lezgi on dira [ÉTRANGER]. [MUSIQUE]. J'ai grandi dans un village qui s'appelle en azéri [ÉTRANGER], ou en russe [ÉTRANGER], mais on a un nom différent en lezgi pour mon village, c'est [ÉTRANGER]. 2:22 J'ai passé 17 ans de ma vie là-bas, avant de partir faire mes études universitaires à Bakou. C'est un village qui a beaucoup d'importance pour moi parce que, 2:37 on se déplace pas beaucoup en Azerbaïdjan donc on passe sa jeunesse 2:43 là où on est né et puis on fait ses études scolaires. » À quoi ressemblerait ce village, comment est-ce que vous pourriez nous le décrire? » C'est un vrai village. Par rapport aux villages français, moi je dirais mon village est très différent. Dans mon village il y a des animaux, donc chaque famille possède des vaches, des chèvres, des moutons, des oiseaux, des poules et tout, des canards, ça fait partie de la vie quoi. Et puis on a des jardins, nous on a plusieurs jardins, on cultive des légumes, on a des arbres fruitiers etc., c'est un vrai village. Voilà. Mais en France quand on va dans un village maintenant on retrouve plus ces aspects-là, les conditions de vie sont à peu près, je dirais les mêmes que dans les villes, alors que dans mon village c'est pas du tout pareil : on va chercher de l'eau à la source, on va chercher du bois dans la forêt, ça se passe comme ça, c'est comme ça qu'on chauffe les maisons. 3:45 Voilà, un vrai village. 3:48 » Et qu'est-ce qui fait que de votre vrai village, un jour vous êtes partie à Bakou? Donc vous nous l'avez dit, pour les études, et pour quel type d'études? » Déjà, à l'école on avait le français comme langue étrangère. Ça c'est un peu, moi je dirais la chance, parce que dans mon pays 4:07 on sait pas trop, on peut pas vraiment choisir une langue étrangère, c'est un peu imposé et en général c'est l'anglais. Mais par contre, dans mon village, comme il y avait des gens de mon village qui parlaient, qui avaient fait des études de français, on avait que dans mon village, à [ÉTRANGER], ça sera le français et pas l'anglais. Alors que dans les villages voisins, à l'école, ils apprennent l'anglais. Comme ça j'ai appris un petit peu le français à l'école mais c'est pas du tout le français qu'on parle en France, c'était pas du tout la même langue : on roulait le r, c'était pas du tout le même accent, etc., c'était juste une langue qu'on apprenait. Mais ça me plaisait quand même, si c'était très différent du vrai français, et je travaillais bien à l'école pour mes autres cours mais plus particulièrement pour le français. Ensuite je me suis dit : j'ai envie de continuer. Donc je voulais faire des études de français. Donc comme ça j'ai passé mes examens, parce qu'en Azerbaïdjan on passe d'abord les examens avant d'entrer à l'université. 5:12 J'ai réussi, donc j'ai été acceptée dans un institut où on pouvait apprendre le français, donc c'était le français langue étrangère. Ensuite j'ai fait quatre années d'études à Bakou avant de venir en France. Voilà. [MUSIQUE] [MUSIQUE] Donc là je suis inscrite en doctorat, à l'École Pratique des Hautes Études, et je travaille sur les langues du Caucase, plus particulièrement sur le tabassaran, une langue assez compliquée, je fais une grammaire de cette langue. Voilà. [MUSIQUE]
21 aug 2017
[MUSIQUE] Sur le site de France Culture Plus, une page est dédiée aux étudiants étrangers qui vivent en France. Elle s'intitule Le monde est un campus, et contient de nombreux portraits d'étudiants. Pour cette semaine, nous vous proposons d'écouter les premières minutes de celui d'Ayten, qui vient d'Azerbaïdjan et fait ses études en France. [MUSIQUE] » En fait, mon prénom est un prénom turc, ou azéri. Ayten est composé de deux mots différents : ay qui veut dire la lune, et puis ten qui veut dire égal. Donc c'est-à-dire égal à la lune. Donc dans la culture orientale, la lune représente la beauté, quelque chose de bien, alors que nous en France on a l'habitude d'assimiler à la Lune des choses un peu moins bien, le fait d'être distrait, lunatique, et tout, mais en Orient c'est pas du tout pareil. [MUSIQUE] En France je représente deux identités : d'un côté je suis Azerbaïdjanaise, c'est mon pays, je suis citoyenne de mon pays, et puis de l'autre côté je représente une minorité 1:21 qui vit dans le nord de mon pays, c'est la minorité Lezgi. 1:28 Quant aux langues que je parle, donc je parle ma langue maternelle qui est le lezgi, je parle azéri, qui est la langue de mon pays, ensuite je parle russe, parce qu'on a une frontière avec la Russie et on apprend la langue automatiquement. » Comment est-ce qu'on dit, par exemple, bonjour en russe, en azéri et en lezgi? 1:51 » En russe on dira [ÉTRANGER], en azéri on dira [ÉTRANGER], [ÉTRANGER], et puis en Lezgi on dira [ÉTRANGER]. [MUSIQUE]. J'ai grandi dans un village qui s'appelle en azéri [ÉTRANGER], ou en russe [ÉTRANGER], mais on a un nom différent en lezgi pour mon village, c'est [ÉTRANGER]. 2:22 J'ai passé 17 ans de ma vie là-bas, avant de partir faire mes études universitaires à Bakou. C'est un village qui a beaucoup d'importance pour moi parce que, 2:37 on se déplace pas beaucoup en Azerbaïdjan donc on passe sa jeunesse 2:43 là où on est né et puis on fait ses études scolaires. » À quoi ressemblerait ce village, comment est-ce que vous pourriez nous le décrire? » C'est un vrai village. Par rapport aux villages français, moi je dirais mon village est très différent. Dans mon village il y a des animaux, donc chaque famille possède des vaches, des chèvres, des moutons, des oiseaux, des poules et tout, des canards, ça fait partie de la vie quoi. Et puis on a des jardins, nous on a plusieurs jardins, on cultive des légumes, on a des arbres fruitiers etc., c'est un vrai village. Voilà. Mais en France quand on va dans un village maintenant on retrouve plus ces aspects-là, les conditions de vie sont à peu près, je dirais les mêmes que dans les villes, alors que dans mon village c'est pas du tout pareil : on va chercher de l'eau à la source, on va chercher du bois dans la forêt, ça se passe comme ça, c'est comme ça qu'on chauffe les maisons. 3:45 Voilà, un vrai village. 3:48 » Et qu'est-ce qui fait que de votre vrai village, un jour vous êtes partie à Bakou? Donc vous nous l'avez dit, pour les études, et pour quel type d'études? » Déjà, à l'école on avait le français comme langue étrangère. Ça c'est un peu, moi je dirais la chance, parce que dans mon pays 4:07 on sait pas trop, on peut pas vraiment choisir une langue étrangère, c'est un peu imposé et en général c'est l'anglais. Mais par contre, dans mon village, comme il y avait des gens de mon village qui parlaient, qui avaient fait des études de français, on avait que dans mon village, à [ÉTRANGER], ça sera le français et pas l'anglais. Alors que dans les villages voisins, à l'école, ils apprennent l'anglais. Comme ça j'ai appris un petit peu le français à l'école mais c'est pas du tout le français qu'on parle en France, c'était pas du tout la même langue : on roulait le r, c'était pas du tout le même accent, etc., c'était juste une langue qu'on apprenait. Mais ça me plaisait quand même, si c'était très différent du vrai français, et je travaillais bien à l'école pour mes autres cours mais plus particulièrement pour le français. Ensuite je me suis dit : j'ai envie de continuer. Donc je voulais faire des études de français. Donc comme ça j'ai passé mes examens, parce qu'en Azerbaïdjan on passe d'abord les examens avant d'entrer à l'université. 5:12 J'ai réussi, donc j'ai été acceptée dans un institut où on pouvait apprendre le français, donc c'était le français langue étrangère. Ensuite j'ai fait quatre années d'études à Bakou avant de venir en France. Voilà. [MUSIQUE] [MUSIQUE] Donc là je suis inscrite en doctorat, à l'École Pratique des Hautes Études, et je travaille sur les langues du Caucase, plus particulièrement sur le tabassaran, une langue assez compliquée, je fais une grammaire de cette langue. Voilà. [MUSIQUE]
21 aug 2017